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J'ai recopié ici l'historique de la brochure du GARSEP, pour le rendre plus accessible (leur site est parfois d'une leeeeeenteur ...), et aussi comme élément de réponse à l'affirmation habituelle "les surdoués, ça n'existe pas ..."
Historique de la précocité intellectuelle
Maïté Petitjean, Catherine Van Renterghem,
GARSEP juin 2003 Toulouse.
(Extrait de GARSEP : La scolarité des enfants précoces, Synthèse du rapport final, Recherche Formation 2000-2003, 1194kb )

Introduction

En préalable à notre recherche sur la scolarité des enfants intellectuellement précoces (EIP), il nous a semblé indispensable de nous tourner vers le passé pour étudier la précocité intellectuelle à travers l'histoire de l'humanité.
En effet, notre expérience d'enseignants, qui nous a alertés sur la souffrance des EIP, nous a également montré que des orientations différentes en matière d'éducation pouvaient induire des effets non négligeables sur le vécu de ces enfants.
Donc, nous avons souhaité découvrir quel regard les différentes sociétés ont porté sur cette spécificité à travers les siècles, nous interroger sur le traitement qui a été réservé aux enfants intellectuellement précoces et analyser les conséquences pour eux-mêmes et pour leur époque.

Chez les Égyptiens, l'intelligence revêt une dimension à la fois magique et divine. Ceci est illustré par le mythe de Sénorisis, fils de Stani :

Stani était un scribe très savant, fort instruit en toutes choses et extrêmement habile de ses doigts quand il tenait la palette et le calame des écrivains. [...] Il résolvait les énigmes et savait trouver une réponse aux devinettes compliquées. En dépit de toute sa science et des triomphes qu'elle lui procurait, Stani était malheureux car il n'avait pas de fils. [...] Stani reçut un avertissement des dieux. Une voix lui parla durant son sommeil, disant : "Stani, un fils te sera bientôt donné. Tu l'appelleras Sénorisis et nombreux seront les miracles qu'il accomplira sur la terre d'Égypte." [...] Quand le petit Sénorisis eut un an, on aurait dit : "Il a deux ans !". Quand il en eut deux, on aurait dit : "Il a trois ans !" [...] Lorsque Sénorisis fut assez grand et assez robuste, on le mit à l'école; en peu de temps il en sut plus long que le scribe qu'on lui avait donné pour maître. Ce petit enfant Sénorisis commença à lire et à déchiffrer les grimoires avec les scribes de la Double Maison de Vie du temple de Phtah, ces scribes qui sont les plus savants entre les savants, et tous ceux qui l'entendaient lire couramment à haute voix les textes anciens et difficiles étaient plongés dans l'étonnement. [...]

Le lecteur découvre, à la fin de l'histoire, que Sénorisis est en fait la réincarnation d'un puissant magicien, Panishni, qui avait demandé à Osiris l'autorisation de revenir sur terre pour combattre un magicien rival et sauver l'Égypte d'une humiliation.

(« Contes et Légendes de l'Égypte Ancienne », Marguerite Divin, Nathan, 1957, p. 170 à 191)

La Grèce antique, et tout particulièrement la cité d'Athènes, qui développe la notion de démocratie, ressent la nécessité de sélectionner une élite de citoyens capables de gouverner et d'être au service de la cité.
Platon, dans "La République", écrit : "Vous engendrez des enfants semblables à vous-mêmes. Mais, comme vous êtes tous parents, il peut arriver que de l'or naisse un rejeton d'argent, de l'argent un rejeton d'or et que les mêmes transmutations se produisent entre les autres métaux. Aussi, avant tout et surtout, le dieu ordonne-t-il aux magistrats de surveiller attentivement leurs enfants, de prendre garde au métal qui se trouve mêlé à leur âme, et si leurs propres fils ont quelque mélange d'airain ou de fer, d'être sans pitié pour eux, et de leur accorder le genre d'honneur dû à leur nature en les reléguant dans la classe des artisans et des laboureurs; mais si de ces derniers naît un enfant dont l'âme contient de l'or ou de l'argent, le dieu veut qu'on les honore."
Il développe également l'idée récurrente que le pouvoir devrait être confié à ceux chez qui le "nous" (l'esprit) est supérieur au "thumous" (le coeur) et à "l'épithumia" (le désir).

( Platon, « La République », III, 415a à 415d, édition Flammarion 2002 )

En conclusion, dans l'Antiquité, tous les peuples acceptent que l'intelligence soit inégalement répartie. Personne ne songe à s'en offusquer car on la considère comme un don des dieux qui l'attribuent selon leur bon vouloir.

Au Moyen Age, en Europe, la foi religieuse est très profonde. Comme l'intelligence est un don de Dieu, elle doit être mise au service de Dieu et non de l'homme ou de l'État.
Les enfants doués sont envoyés dans des monastères où ils reçoivent une éducation de qualité, mais orientée vers la spiritualité. Le concept "puer senex" (vieillard enfant) a été formalisé à cette époque.

Hildegard von Bingen (1098-1179), compositeur, mystique et écrivain allemand est célèbre pour sa poésie lyrique et ses chants de piété. De famille noble, elle est confiée par ses parents, à huit ans, à une communauté de religieuses bénédictines de Disibodenberg, près de Bingen. Elle devient mère supérieure de la communauté en 1136 et fonde d'autres ordres à Rupertsberg et Eibingen. Elle consigne ses expériences dans un livre "Scivias" qui lui apporte la célébrité dans toute l'Europe, et dans lequel elle écrit : "Dès mon enfance, depuis l'âge de cinq ans, d'une manière admirable, je sentais en moi comme maintenant, la vertu des mystères, de secrètes et merveilleuses visions." Elle est consultée par des empereurs, des monarques, des chefs religieux et elle est mêlée à la vie politique et diplomatique de son temps.

(Encyclopédie Microsoft ®, Encarta® 97, Microsoft Corporation)

A la même époque, dans l'Empire Ottoman, le sultan Mehmed le Conquérant (1432 - 1481) crée une école spéciale dans le sérail pour les enfants les plus remarquables à qui seront confiées de hautes responsabilités.
Un de ses successeurs, Soliman le Magnifique, (1494 - 1566) fait de même au XVI° siècle. Dans les deux cas, des envoyés du Sultan parcourent l'Empire à la recherche de ces enfants.

La Renaissance, qui privilégie toutes les formes d'expression artistique, favorise
l'épanouissement de nombreux enfants artistes.

En Italie, ils sont placés, jeunes, en "apprentissage" chez un maître avant de devenir eux-mêmes des artistes de talent, les "putti".

Ainsi, Léonard de Vinci (1452 ­ 1519) entre très jeune dans l'atelier de Verrochio qui est probablement l'un des plus animés de Florence. En effet le maître et ses disciples sont peintres et sculpteurs mais ils travaillent également le marbre, le métal et le bois. Ils réalisent des armures, des cloches, des coffres sculptés, des bijoux. Lui-même ne se contente pas d'être le peintre de génie que l'on connaît. Il utilise ses dons mathématiques pour concevoir des projets d'architecture et inventer des machines, telles que les célèbres "avions à pédales".

Il en va de même pour Michel Ange (1475-1564). Son père le place à treize ans, en apprentissage, dans l'atelier du peintre Dominico Ghirlandaio. Deux ans plus tard, il étudie à l'école de sculpture du jardin des Médicis de la place Saint Marc. A l'âge de seize ans, il a déjà réalisé deux bas-reliefs, dont "Le combat des Lapithes et des Centaures".

En France, ce courant se manifeste plus particulièrement dans le domaine des lettres.

Montaigne (1533-1626) montre très jeune des aptitudes littéraires qui nous font penser qu'il était précoce. En effet, dans le chapitre des "Essais" intitulé "De l'institution des enfants", il écrit : "Ce que je voyais, je le voyais bien et, sous cette complexion lourde, nourrissais des imaginations hardies et des opinions au-dessus de mon âge."

Quelques lignes plus loin, il raconte qu'il a sauté des classes et a quitté le collège à treize ans ayant "achevé [son] cours".
Il enchaîne en révélant : "Le premier goût que j'eus aux livres, il me vint du plaisir des fables de la" Métamorphose" d'Ovide. Car, environ à l'âge de sept ou huit ans, je me dérobais de tout autre plaisir pour les lire."

(Montaigne Essais, Livre 1, Chap 26, Edition Poche 1972 p 251)

Il met au point une pédagogie innovante destinée aux enfants qui ont le goût pour l'étude. Dans le cas contraire, il préconise avec une note d'humour : "...que de bonne heure son gouverneur l'étrangle s'il est sans témoin, ou qu'on le mette pâtissier dans quelque bonne ville, fut-il fils de Duc, suivant le précepte de Platon, il faut colloquer les enfants non selon les facultés de leur pères mais selon les facultés de leur âme."

(Ibid p 235)

Au XVIIème siècle, Blaise Pascal (1623-1662) ne va pas à l'école, ce qui est rare pour un garçon.

Son père se charge de son éducation en s'inspirant des préceptes de Montaigne : pas de contraintes, pas d'apprentissage par coeur. Il suscite chez son fils l'envie de comprendre et de s'approprier les savoirs. Pascal retrouve les démonstrations de la géométrie d'Euclide à 12 ans. À 18 ans, il invente une machine à calculer : "Elle fait des effets qui approchent plus de la pensée que tout ce que font les animaux; mais elle ne fait rien qui puisse dire qu'elle a de la volonté comme les animaux."
Sa soeur, Jacqueline Pascal, est aussi une enfant prodige. A douze ans, elle compose des vers d'une telle qualité qu'elle est remarquée par la reine Anne d'Autriche. Pierre de Corneille reconnaît que les vers de Jacqueline sont meilleurs que les siens.

Le XVIIIème siècle est connu comme le siècle des lumières. On retrouve en musique le phénomène des enfants doués : Purcell, Bach, Haydn, Mozart.

Mozart (1756 - 1791) commence à composer à quatre ans et il se passionne aussi pour le calcul. Il couvre de chiffres et de notes les tables et les murs de la maison de ses parents. Il écrit des symphonies avant l'âge de 10 ans et son opéra bouffe "La finta semplice" est joué alors qu'il a 13 ans.
Ses aptitudes en mathématiques se retrouvent d'ailleurs dans la composition de ses oeuvres et dans l'harmonie qui s'en dégage.

"Mozart, un prodigieux gamin", R.Hinderks Kutscher, Éditions de l'Amitié, 1956

Thomas Jefferson (1743-1826) s'imprègne des idées des philosophes. Après un séjour à Paris, de retour dans son pays, il est élu deuxième président des États-Unis, de 1801 à 1809. Il propose de grouper "les meilleurs génies" de l'État dans une école spéciale, quel que soit leur milieu d'origine, aux frais de l'État et pour le bien de l'État. Il ajoute que si l'intelligence n'est pas cultivée, elle s'étiole et que les enfants les plus pauvres sont les plus vulnérables.

("International Handbook of Research & Development of Giftedness & Talent", Oxford Pergamon Press,1999, Hellers, Monks, Passow, editors, p. 631)

A la même époque, Mehemet Ali (1769-1849) vice-roi d'Egypte envoie l'élite de la jeunesse égyptienne en Europe, aux frais de l'État.

XIXème siècle

Quetelet (1796-1874), mathématicien et statisticien belge est connu pour sa doctrine de « l'homme moyen.» Pour lui, l'intelligence idéale est celle qui se situe à la moyenne, toute déviation dans un sens ou dans l'autre est une faute de la nature. Le talent exceptionnel est attribué à des forces surnaturelles, et ceux qui le possèdent sont rejetés. (Ibid, p. 631)

De même, Lombroso en Italie et Nisbet en Angleterre déclarent en 1893 que folie et génie sont biologiquement liés. Ils prennent comme exemple Jeanne d'Arc, Shakespeare, Byron, Poe qui, selon eux, présentaient des troubles comportementaux. (Ibid, p. 631)

Selon l'idéologie marxiste, l'individualisation de l'enseignement suivant les capacités des élèves et la création d'élites intellectuelles sont toutes deux exclues d'office car contraires aux principes d'égalité. ( Ibid, p. 781)
Cependant, il est à noter que les pays communistes ont développé des systèmes de détection très perfectionnés, et ont rassemblé les élites dans des écoles où un enseignement adéquat leur était prodigué. (Ibid, p. 783)

Fin XIXème début XXème siècle

Francis Galton (1822 ­ 1911) est le cousin de Charles Darwin. Très précoce lui-même, il lit à l'âge de deux ans et demi. A six ans, il répond à un visiteur qui le questionne avec insistance sur "l'Odyssée" en citant le 10ème livre de cette oeuvre : "Mais pourquoi répéter toute cette histoire puisque hier, je l'ai déjà racontée à toi et à ta noble épouse dans ta maison et je n'aime pas raconter deux fois la même histoire." (Ibid p. 473)

Il est considéré comme le père de la recherche en ce qui concerne la mesure de l'intelligence. Il introduit les statistiques dans les sciences sociales, et la notion de courbe d'intelligence. A l'opposé de certains chercheurs au 19ème siècle, il considère le génie comme une différence de degré mais pas de nature. (Ibid p. 632)

A cette même époque, d'autres personnes s'intéressent à la mesure de l'intelligence.
Mac Cattell (1860 ­ 1944), aux Etats Unis d'Amérique, est un des principaux promoteurs des applications pratiques de la méthode des tests.

Alfred Binet (1857 ­ 1911) et Théodore Simon (1873 ­ 1961), en 1905 mettent au point une première échelle métrique de l'intelligence à la demande du Ministère de l'Instruction Publique pour essayer de résoudre un problème de pédagogie lié à l'instauration de la scolarité obligatoire en France.
En 1910, Binet attire l'attention sur le cas d'enfants trop intelligents et pour qui l'enseignement n'est pas adapté.

A Worcester, Massachussets, U.S.A., en 1901, la première école pour enfants précoces est créée. La pédagogie y est fondée sur l'approfondissement et l'accélération.

Leta Hollingworth (1886-1939) s'intéresse au développement cognitif et affectif des enfants doués et constate qu'ils ont des besoins sociaux et émotionnels spécifiques qui méritent d'être pris en compte. Elle les écoute longuement et identifie certaines de leurs caractéristiques telles que leur solitude, leur soif de justice, leur amour du beau. Elle note qu'ils s'interrogent sur leur place dans l'univers et remarque leur sens de l'humour qu'elle appelle leur "planche de salut".
Elle crée deux classes d'enfants doués au sein d'une école publique, à New York, en 1922, dans laquelle entre autres :

  • le programme est suffisamment stimulant pour donner aux enfants l'envie de travailler, ·
  • l'enseignement se fait à un rythme rapide,
  • il y a des cours d'argumentation,
  • les études sont interdisciplinaires, donnant une place importante à l'autonomie de l'enfant et au travail de groupe.

Les enfants y sont heureux, car ils ont trouvé des amis et des pairs.(Ibid p. 479, 632, 633)

En 1916, Lewis Madison Terman fait l'adaptation américaine du test Binet-Simon. Il évalue l'âge mental et le Q.I. des enfants.
En 1921, alors qu'il est professeur de psychologie à l'université de Stanford, Californie, il entreprend une étude longitudinale portant sur 857 élèves masculins et 671 élèves féminines.
Pour les sélectionner, il demande aux maîtres d'école de choisir les trois élèves qu'ils considèrent les plus intelligents de la classe, ainsi que le plus jeune et le plus intelligent de l'année précédente. Il les teste à intervalles réguliers de 1921 à 1955, et leur fait remplir des questionnaires sur
différents aspects de leur vie. Il publie cinq ouvrages pour rendre compte de ses recherches, dans lesquels il dresse un portrait des enfants doués qui va souvent à l'encontre des idées reçues. Ainsi, il montre que ces enfants se portent mieux que la moyenne, qu'ils sont sociables et réussissent bien dans la vie. Il introduit également la notion de précocité et préconise le saut de classe.
"Le portrait qu'il trace des enfants doués a été nuancé mais reconnu comme valable pour l'essentiel. Terman est à l'origine du large recours aux tests, aux États-Unis en particulier, pour sélectionner les élèves ou les répartir entre différentes filières. Il a ouvert la voie aux mesures spécifiques pour la scolarisation des surdoués, telles que les classes ou les écoles spéciales, les cours d'enrichissement." (
Des enfants surdoués, 70 ans après", Sciences Humaines n°86 août septembre 1998. 19)
Après sa mort, ses disciples ont continué à suivre "la cohorte des Termites", ainsi que leurs enfants et petits-enfants.

CONCLUSION

Cette étude historique fait apparaître trois idées principales.

Tout d'abord, nous avons observé que, dès l'antiquité, certains textes décrivent des enfants présentant des caractéristiques qui les distinguent de leurs contemporains. En gardant à l'esprit que la précocité intellectuelle est un concept récent, ces traits spécifiques révélés au cours des siècles, nous ont conduits à considérer aujourd'hui ces enfants comme précoces.

Ensuite, il semble évident que l'idéologie dominante pèse de façon prépondérante sur la perception et le traitement des EIP. En effet, selon les époques, et selon les priorités de la société, le sort des EIP va de la négation totale à la recherche systématique, en passant par de multiples variantes. Le poids sociétal est donc un facteur à prendre en considération dans toute étude concernant les EIP.

C'est pourquoi il serait donc souhaitable que notre société donne aux EIP un environnement favorable, évitant les écueils, à la fois de l'exclusion, de la normalisation et de la sélection, afin qu'ils puissent exprimer leurs potentialités individuelles.

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