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JSF, l'adulte surdoué


Témoignages d'adultes doués ou surdoués

anonymes, pêchés ici et là sur le net, dans le seul but de permettre à d'autres de s'y reconnaître.

J'ai toujours su que j'étais différent des autres, pas "physiquement" s'entend, mais intellectuellement. J'avais conscience de ma précocité sans pour autant savoir de quoi il s'agissait vraiment, je mélais tellement de choses que je pensais être fou. Ma synesthésie, dont à l'époque j'ignorais de quoi il s'agissait, ma précocité, tout celà faisait que j'ai tenté tout au long de ma scolarité d'être "comme les autres", fondu dans la masse, voire transparent.

Mes résultats scolaires étaient caractéristiques, des notes excellentes suivies de notes médiocres. Mais à la différences de certains (et encore, qui sait ?) j'échouais volontairement à un contrôle sur deux environ. Ainsi, sans efforts, j'ai eu un classement moyen tout au long de ma scolarité.

L'entrée en Faculté, quelques mois après le décès de mon père, m'a mis face à une dure réalité ; je ne savais pas apprendre. Jusque là, je me contentait d'être attentif en classe, et de vaguement relire mes quelques notes le soir, ça suffisait. En Fac, les cours en amphithéâtre qui duraient deux ou trois heures, ne me permettaient plus de procéder ainsi, et je ne savais pas prendre des notes, et j'ai rapidement décroché. A 18 ans j'entrais dans la vie active. Me croyant seul au monde et continuant à me dissimuler aux regards des autres.

La vie avance, je rencontre mon épouse, je fais du théatre avec elle, j'apprends à faire face au monde, je perds ma timidité, mais continue à dissimuler ma différence. Nous avons deux enfants, ma fille n'a pas de problèmes à l'école, malgré 3 changements suite à des déménagements, et en CE2 on s'aperçoit de sa dyslexie. Elle est suivie depuis, et ce handicap l'a longtemps pénalisée. Moi qui la percevais comme ma "réplique", je découvre qu'elle ne pourra pas profiter de son don, encombrée qu'elle était de cette dyslexie, mais son courage et son travail lui permettent de progresser à l'école sans échec. Mon fils, lui, suit une scolarité sans problèmes, en tête de classe et sans efforts.j'ai eu 40 ans à Noël, et je me mets à déprimer, à n'avoir plus goût à rien. 39 ans de dissimulation, 39 ans à jouer un rôle aux autres comme à moi-même. A Mensa depuis 1998, mais savoir que j'en suis membre ne me suffit pas; fin juin 2001, je passe un test de QI chez une psychologue, pour savoir où me situer, et j'apprends que mon QI est à plus de 150. Que sans doute, enfant, j'avais "4 ans d'avance". Dans les jours qui suivirent, j'ai envisagé plusieurs fois de mettre fin à mes jours. J'ai pleuré sans discontinuer pendant 3 jours, hurlant ma douleur, répétant sans cesse que "je ne pourrais jamais être comme les autres". La psychanalyse que j'avais entamé quelques mois auparavant prend une autre tournure ; ma psychanalyste insiste : "pourquoi ramener cela uniquement à votre QI ? d'autres patients ont les mêmes problèmes que vous et n'ont pas votre QI !" Je ne comprends pas ce qu'elle veut me dire, je refuse d'entendre cela, mais je continue quand même cette psychanalyse. Et je décide de faire tester mes enfants, pour être sûr, pour savoir d'avance, pour anticiper.Début septembre 2001, je découvre ce qu'est la synesthésie et je comprends ENFIN ce que je suis. La semaine suivante, par un hasard amusant, j'apprends que ma fille l'est aussi, et que plusieurs amis avec lesquels je suis très très proche. Comme si nous avions cherché à nous retrouver. Eux aussi ont un HQI (pour reprendre cette sale expression). Ce fut pour moi comme une libération, je ne suis pas le seul dans mon cas, mais entre temps j'avais fait un petit calcul : 0,1 % de la population a un QI égal ou supérieur au mien, 0,05 % de la population est synesthète, si on croise les deux chiffres, nous ne sommes que 3000 sur terre.Et là, en quelques jours, tout s'éclaire : Si je persiste dans mon "isolement" des autres, si je continue à ne considérer que mes particularités, je ne serai jamais intégré, pire même, ce que j'avais bâti jusqu'alors, bien qu'établi sur des faux semblants, allait s'écrouler. Comme un handicapé qui ne fréquenterait plus que des handicapés sous prétexte que eux seuls le comprennent. Mais il y a un monde autour de nous, peuplé de 6 milliards d'individus. Quel est notre choix : nous tenir à l'écart entre nous ou faire partie de ce monde et le faire avancer avec les autres ?J'ai choisi la 2e option et j'ai ENFIN écouté les témoignages des autres EIP avec une oreille plus ouverte. En quelques mots, en un raccourci un peu grossier : leur souffrance n'est pas due à leur différence mais à leur
sentiment de différence. N'avoir que cette idée en tête, ne permet pas d'accepter les autres et pousse à l'isolement, voire à la dépression.
Ma psychanalyse est alors terminée, elle n'aura duré que trois mois, ça doit être un record de durée minimum.J'avais écrit tout ceci début octobre 2001.

Depuis, j'ai fait quelques rechutes de déprime, rien de bien grave; en tout cas, rien dont la précocité puisse être la seule cause. Entre-temps, j'ai écrit, beaucoup. Un roman terminé maintenant et un autre en cours. Et je sais aujourd'hui que je deviens, si ce n'est déjà fait, moi-même.
je n'en tire qu'une conclusion : il vaut mieux savoir tôt que l'on est surdoué et si possible l'apprendre par des gens qui sauront vous aider.

Comment t'es-tu rendu compte que tu étais synesthète? C'est pas un truc très connu! En plus ce doit être un mécanisme complètement inconscient. As-tu toi aussi des sortes de prémonitions?

depuis l'enfance je croyais être le seul à voir des voyelles colorées. et le seul à attribuer des couleurs aux gens.
Mais pas le seul à avoir des prémonitions ; une cousine de ma mère lisait l'avenir dans le marc de café et a fini ses jours dans un asile d'aliénés. alors j'ai gardé ça pour moi, je me disais qu'on me croirait fou, d'ailleurs je croyais moi-même être fou à cause de cet exemple.

Mais j'ai toujours recherché si d'autres personnes voyaient les voyelles comme je les vois. C'est à cause de Rimbaud. J'ai lu son poême, "voyelles" à 17 ans et je me suis dit que si lui aussi...

Bref, en septembre dernier, en recherchant sur google "voyelles colorées" j'ai trouvé un site, puis un autre, puis un autre et j'ai découvert ce mot, "synesthésie" et j'ai réalisé que je n'étais pas seul, pas fou et que c'était quelque chose de connu et recensé. J'aurais préféré l'apprendre à 10 ans, mais bon, mieux vaut tard que jamais.

Sinon, je ne culpabilise pas d'avoir envie de rencontrer d'autres personnes de mon espèce,bien au contraire. Et effectivement, ça permet de mieux s'ouvrir aux autres (si on en a envie !!) je le confirme.


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